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Je vous recommande, ainsi qu'à moi-même la crainte d'Allah (le Puissant et le Très Haut) qui est une protection pendant les épreuves et un soulagement lors des soucis et des malheurs. L’épreuve est une loi divine qui fait partie des nécessités de la sagesse d'Allah et de Sa justice.

L’épreuve est représentée par la pauvreté et la richesse, la bonne santé et la maladie, la peur et la sécurité, la diminution et l'augmentation des biens ;  tout ce que nous aimons et détestons ne sort pas du cercle de l'épreuve. Allah a dit : Nous les avons éprouvés par des biens et par des maux, peut-être reviendraient-ils (au droit chemin)  [ Sourate 7 - verset 168 ]

Et Il a dit : Nous vous éprouverons par le mal et par le bien [à titre] de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés  [ Sourate 21 - verset 35 ]

Le Prophète (ss) a dit : Le croyant est sans cesse éprouvé dans sa personne, dans sa progéniture et dans ses biens jusqu’à ce qu’il se rende à Allah, exempt de toute faute(rapporté par At-Tirmidhi).

 L'homme intelligent et sage doit avoir la conviction qu'Allah  a su ce qui est passé, ce qui se produira, et si cela avait du se produire comment il se serait produit .Ce qui a été prédestiné, doit se produire et si une situation difficile est prédestinée pour l'homme, il doit alors s'habiller avec deux vêtements : le premier : la patience, et l'autre : la satisfaction, afin qu’il surpasse l’épreuve et qu'il reçoive la récompense complète [pour cette épreuve].

Combien de difficultés furent difficiles, puis les hommes en furent soulagés facilement en moins d'un instant.

On dit à Al-Hassane :  "O Abou Saïd ! D'où vient ce comportement ?"(le manque de patience et l’insatisfaction)

Il dit : "A cause de l'insuffisance de la satisfaction pour Allah [ lorsque les épreuves viennent ]".

Et on lui dit : "Et d'où vient l'insuffisance de la satisfaction pour Allah ?".

Il dit : "A cause de l'insuffisance de la connaissance d'Allah".

Lorsque l'on fit venir Saïd ibn Joubéïr devant Al-Hadjadj pour qu'il le tue, un homme pleura, Saïd lui dit alors : "Pourquoi pleures-tu ?".

Il dit : "A cause de ce qui t'arrive".

Saïd dit :  "Donc, ne pleure pas. Il était dans la science d'Allah que cela se produise, puis il lut :

Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes,  qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé. [ Sourate 57 - verset 22 ]

 Ce qui arrive à l'homme, si c'est une chose qui le réjouit, c'est alors un bienfait évident ; et si c'est une chose qui ne le réjouit pas, c'est un bienfait aussi, soit cette chose efface ses péchés et il sera récompensé pour avoir patienté, ou cette chose contient une sagesse et une miséricorde qu'Allah seul connaît :

 Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Allah qui sait, alors que vous ne savez pas. [ Sourate 2 - verset  216 ]

 Et le messager d'Allah (ss) a dit  :

" L'affaire du croyant est étonnante, tout ce qui lui arrive est un bien pour lui. S'il lui arrive une chose qui le réjouit et qu’il remercie, c'est un bien pour lui ; Et s'il lui arrive un mal et qu'il patiente, c'est un bien pour lui.Et ceci n'est que pour le croyant" [ Rapporté par Mouslim.]

 Tous les hommes sont d'accord sur le fait que la bonne santé est une couronne sur la tête de ceux qui en jouissent que seuls les malades voient, et que la bonne santé est un bienfait dont beaucoup de gens sont privés.

Huit choses doivent arriver à tous les hommes : La joie, le souci, l'union, la séparation, la facilité, la difficulté, la maladie et la bonne santé.

Bien que les maladies soient amères et lourdes, s'aggravent et parfois deviennent difficiles, le Créateur (qu'Il soit exalté) y a mis des sagesses et beaucoup de bénéfices, certains les connaissent et d'autres ne les connaissent pas. Ibn Al-Quayyim  a dit dans son livre "Chifa Al-Alile" qu'il a dénombré plus de cent bénéfices des maladies. Et il a dit aussi :"Le fait que le cœur et l'âme tirent profit des douleurs et des maladies ne peut être ressenti que par une personne dont le cœur est vivant, car la santé des cœurs et des âmes repose sur les douleurs des corps et leurs difficultés".

 L'épreuve par les maladies peut être un don d'Allah et une miséricorde afin qu'Il expie les péchés et augmente les degrés.

 Le prophète (ss) a dit :"Aucun musulman ne subit un mal comme la maladie ou autre  sans qu'Allah efface ses péchés comme l'arbre perd ses feuilles[Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.]

 Et un homme dit au messager d'Allah  : "Ces maladies que nous subissons, qu'avons-nous avec elles".

Il dit : "L'expiation de vos péchés" .  -  Oubaï ibn Kâab dit : "Même si elles ne sont pas nombreuses".

Il dit : "Même une épine qui vous pique et ensuite, ce qu'il y a de plus grave qu'elle"  [ Rapporté par Ahmed.] 

Ainsi, nous connaissons les résultats positifs que produisent la maladie, et nous savons que son goût est comme l'aloès, mais ses fins [ses conséquences] sont plus douces que le miel pur. Donc, pourquoi nous fâchons-nous à cause de la maladie qui nous touche, ou l'injurions-nous ou disons-nous : "si seulement…" ? Et est-ce que : "si seulement…" est utile ?

Le messager d'Allah (ss) entra chez Oum As-Saa'ib et dit : "Qu'as-tu, ô Oum As-Saa'ib, à trembler ?" . Elle dit : "La fièvre - qu'Allah ne la bénisse pas-".

Il dit : "N'insulte pas la fièvre, car elle fait partir les péchés des fils d'Adam comme la soufflerie [le feu] fait partir les scories"  [ Rapporté par Mouslim. ] 

Il ne faut pas penser que la maladie est une chose qui doit être désirée, car le croyant ne doit pas espérer avoir des épreuves, et il ne doit pas demander à Allah de lui donner la maladie ;

 Le messager d'Allah (ss) a dit :

"Demandez à Allah le pardon et la santé, car aucun d'entre vous n'a obtenu après la conviction, une chose meilleure que la santé"  [ Rapporté par An-Nassa'i et Ibn Maajah ]

Et il a dit : "Que Je sois en bonne santé, puis je remercie, est plus aimé pour moi que d'être éprouvé, puis patienter".

Nous comprenons ainsi que la maladie n'est pas le but en elle-même, mais :

1. Ce qu'elle engendre comme patience,

2. L’espoir qu’elle crée de recevoir la récompense d'Allah,

3. Et l’apprentissage qu’elle procure de louer Celui qui donne les bienfaits dans toutes les situations.

Cheikh ibn Taymiyah (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit :"En ce qui concerne les malheurs qui surviennent sans que le serviteur ne choisisse comme la maladie, la mort d'une personne que l'on aime, et le fait que le voleur prenne son argent, le serviteur est alors récompensé pour sa patience face à ces malheurs, et non pas pour le malheur dont il est touché ; mais le malheur efface les péchés, et la récompense est obtenue pour les actions accomplies en ayant le choix".

 Ainsi, le mécréant et le musulman, le pieux et le pervers, se rassemblent en ce qui concerne l'épreuve de la maladie, et ils se séparent en ce qui concerne le bénéfice et la fin, Ibn Mass'ôud  a dit : "Vous voyez le mécréant parmi ceux qui ont une très bonne santé corporelle et dont le cœur est le plus malade ; et vous rencontrez le croyant étant parmi ceux qui ont le cœur le plus sain, et le corps le plus malade. Je jure par Allah que si vos cœurs étaient malades et vos corps en bonne santé, vous seriez plus insignifiant auprès d'Allah que le scarabée".

Salmane Al-Faarissi  entra chez un malade à qui il rendit visite, et lui dit :

"Sois heureux ! Car Allah  fait que la maladie du croyant soit une expiation [de ses péchés], et la maladie du pervers est comme le chameau qui a été attaché par ses propriétaires, puis a été libéré, alors il ne sait pas pourquoi il a été attaché ni pourquoi il a été libéré".

 Lorsque l'Islam exhorte à la patience pendant les épreuves, et qu'il expose les sagesses des maladies, il ne faut pas qu'une personne, pense qu'il fait l'éloge des douleurs, et qu'il honore les souffrances et les maladies ; mais l'Islam loue plutôt les gens qui subissent des épreuves et des maladies pour la maîtrise de leurs émotions et croyances :

Allah dit dans le Coran : Pourquoi Allah vous infligerait-Il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants ? (Coran 4/147-Les femmes)

Ourwa ibn Az-Zoubaïr   se plaignit de la gangrène ; ils la coupèrent alors de son genou ; et la même nuit, un de ses fils tomba d'un toit et mourut. Ourwa dit alors : "O Mon Seigneur ! Louange à Toi !  Ils étaient sept, Tu as pris un parmi eux et Tu as laissé six ; J'avais quatre extrémités [les membres], Tu en as pris une et Tu as laissé les trois autres ; Et si Tu as pris, c'est Toi qui as donné ; et si Tu as éprouvé, Tu as aussi donné la santé". 

Qu'Allah fasse miséricorde à Ourwa et lui pardonne ! Et c'est ainsi que le croyant doit être, il voit avec l'œil de la perspicacité et il remercie alors Allah   pour deux choses :

  • La première : le fait que ce qui pouvait être plus grave a été repoussé.
  • La deuxième : le fait que ce qui pouvait disparaître comme la bonne santé et le bien abondant, est resté [n'a pas disparu] ; il regarde le bienfait qui est présent avant de regarder le bienfait qui est parti.

Lorsque la maladie est présente, puis s'aggrave, la patience est la seule protection par la grâce d'Allah contre l'inquiétude, et elle est la guidée qui protège du désespoir pendant les tourments ; le croyant ne doit donc pas être effrayé à cause d'un nuage qui apparaît à l'horizon, même s'il est suivi d'un autre et d'un troisième.

Cependant, l'homme ignore les réalités et il reste perplexe devant les difficultés lorsqu'elles surviennent ; et selon sa nature, il devient nerveux et déteste la patience ; elle devient pour lui d'un goût amer, alors il est gêné, puis il essaye de sortir de sa situation rapidement et oublie la parole de son Créateur :

L'homme a été créé prompt dans sa nature. Je vous montrerai Mes signes [ la réalisation de Mes menaces ].  Ne me hâtez donc pas. [ Coran 21/37 -Les Prophètes ]

Et les douleurs sont souvent une purification qu'Allah  envoie, par Sa sagesse, aux  croyants afin d'enlever d'eux ce par quoi leur esprit [leur cœur] est captivé parmi les plaisirs de ce monde ; ainsi, ils ne sont pas trompés très longtemps par les plaisirs de ce monde et ils ne s'y attachent pas d’une façon captivante en délaissant l’essentiel. Combien d'épreuves difficiles sont un don et des miséricordes !

L’histoire de chaque prophète apporte aux gens une moralité spécifique, celle de Younous (Jonas) est qu’il ne faut jamais désespérer de notre appel à Allah ! Celle de Solaïman (Salomon) est qu’Allah est capable de soumettre l’univers aux fils d’Adam et que ces derniers peuvent l’utiliser dans l’obéissance d’Allah et celle d’Ayoub est la foi et la patience des croyants durant les épreuves.

Nous allons alors raconter l’histoire du prophète Ayoub et son magnifique exemple de patience durant les épreuves et en particulier durant la maladie.

Le Prophète Ayoub (Job) est l’arrière petit-fils du prophète Isaac  et Ibrahim  est son arrière grand-père, Allah dit dans le Coran: 

« Et parmi la descendance d’Abraham ou de Noé, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. »  (Sourate 6:84) 

Il est l’un des prophètes des enfants d’Israël.

Ayoub est un prophète envoyé à un peuple de Mésopotamie. Allah l’a comblé de faveurs considérables, et ce pendant cinquante années. Ayoub avait une grande foi, disposait de l’argent, de terres, avait une belle épouse pieuse, une grande force physique, quatorze enfants, des amis, il disposait de bétail et de chevaux, et ce bonheur durait depuis cinquante années de suite.

Allah voulut l’éprouver, Il lui ôta son argent, et ses terres devinrent improductives, ses quatorze fils et filles moururent, il perdit son bétail et son argent, puis Allah l’éprouva par une maladie physique qui le rendit infirme, il devint incapable de bouger, ses amis crurent que sa maladie était contagieuse et le quittèrent, seuls lui restèrent fidèles sa femme et deux de ses amis.

 Allah dit dans le Coran : 

« Quant à l’homme, lorsque son Seigneur l’éprouve en l’honorant et en le comblant de bienfaits, il dit: «Mon Seigneur m’a honoré». Mais par contre, quand Il l’éprouve en lui restreignant sa subsistance, il dit: «Mon Seigneur m’a avili». Mais non ! C’est vous plutôt, qui n’êtes pas généreux envers les orphelins; qui ne vous incitez pas mutuellement à nourrir le pauvre, qui dévorez l’héritage avec une avidité vorace, et aimez les richesses d’un amour sans bornes. Prenez garde ! Quand la terre sera complètement pulvérisée,  et que ton Seigneur viendra ainsi que les Anges, rang par rang, et que ce jour-là, on amènera l’Enfer ; ce jour-là, l’homme se rappellera. Mais à quoi lui servira de se souvenir? » (Sourate 89 : 15-23).

La femme d’Ayoub commença à le nourrir et à le prendre en charge. Lorsque les ressources s’épuisèrent, elle se mit à vendre ses services aux gens, et l’épreuve continua dix-huit ans durant.

Dix-huit années d’épreuves plus tard, la femme du prophète Ayoub commença à s’épuiser, elle lui demanda : « n’es-tu pas un prophète envoyé d’Allah ? » il répondit par l’affirmative, elle lui dit : « et pourquoi donc n’invoques-tu pas Allah ? », il lui dit : « combien avons-nous passé d’années à l’épreuve ?», elle répondit : « dix-huit ans », il dit : « et durant combien d’années Allah nous a t-il donné ses faveurs ? », elle répondit : « cinquante ans », il dit : « Allah nous a couvert de ses faveurs durant cinquante ans, ne devrions-nous pas patienter et endurer tout autant ? Par Allah je ne L’invoquerai qu’après que soit passé autant de temps en épreuve qu’il s’en est écoulé en bonheur ! ». Et il n’invoquait que par ces mots : « Louange à Allah ».

La femme du prophète Ayoub se mit en colère et dit : « je jure que tu dois invoquer Allah ; jusqu’à quand devrions-nous supporter cette épreuve», il lui répondit : « Malheur à toi, mettrais-tu en colère Allah, Puissance et Majesté à Lui ?

Puis les gens se mirent à refuser d’employer sa femme de peur qu’elle ne soit contagieuse.

Il se passa qu’une fois sa femme lui avait apporté une nourriture et Ayoub demanda : « d’où provient cette nourriture ? » mais elle garda le silence, il insista en vain et il insista encore, alors il apprit qu’elle s’était coupé les cheveux et les avait vendus pour acheter de quoi le nourrir.

Quand il apprit cela, il s’émeut et se sentit obligé d’invoquer Allah :

 Et Job, quand il implora son Seigneur : «Le mal m’a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux. Nous l’exauçâmes, enlevâmes le mal qu’il avait. (Sourate 21 : 83-84).

 Alors Allah dit : 

Frappe [la terre] de ton pied: voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire.  (Sourate 38:42).

 Allah fit surgir une source sous les pieds du prophète Ayoub. Une eau  qui allait le purifier de toutes les maladies.

Les faveurs dont il jouissait auparavant lui furent rendues .Allah dit: 

Et Nous lui rendîmes sa famille et la fîmes deux fois plus nombreuse. (Sourate 38:43)

Sa femme retrouva sa jeunesse et donna naissance à vingt-six garçons et filles, et  tout lui fut rendu et plus encore. Allah dit :

Oui, Nous l’avons trouvé vraiment endurant. Quel bon serviteur ! Sans cesse il se repentait.  (Sourate 38/44)

Les gens qui nous entourent vivent l’une ou l’autre partie de l’histoire : des personnes éprouvées dont Allah teste la patience et qui seront délivrées et récompensées un jour ou l’autre, et d’autres qui vivent dans les faveurs d’Allah, mais qui ne soupçonnent pas qu’un jour ces faveurs-là pourraient disparaitre, car rien n’est éternel.

Craignez Allah et sachez qu'il y a des choses que les malades doivent connaître :

Parmi ces choses : la bonne nouvelle pour chaque malade dont la maladie l'empêche d'accomplir les bonnes actions de la Sounnah et les œuvressurérogatoires qu'il avait l'habitude d'accomplir lorsqu'il était en bonne santé, que ces bonnes œuvres lui sont écrites et que leurs récompenses ne sont pas perdues ; le prophète (ss) a dit :

"Lorsque le serviteur est malade ou en voyage, les bonnes actions qu'il accomplissait en étant en bonne santé et chez lui, lui sont écrites"  [ Rapporté par Al-Boukhari. ]

 Les malades doivent savoir qu’il est interdit de négliger les prières pendant la maladie, Tout comme ils doivent se purifier pour la prière de la façon prescrite par la législation islamique ; et s’ils ne peuvent pas, ils accomplissent le “Tayammoum”  ; et s’ils ne peuvent pas, ils accomplissent la prière dans la situation dans laquelle ils se trouvent, Allah a dit :

 "Craignez Allah donc, autant que vous pouvez". [ Sourate 64 - verset 16 ]

Et Il a dit  :

"Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité". [Sourate 2 verset 286 ]

O Mon Seigneur ! Nous Te demandons le pardon et la bonne santé permanente dans la religion, la vie d'ici-bas et l'autre monde.

Qu'Allah  nous accorde la patience face à toutes épreuves.